S’il est une donnée fondamentale de mon être, c’est bien l’attachement viscéral que j’éprouve à l’égard de ma langue, de ma terre et de ma culture. Charles Bertin
Un petit coin pour venir vous jaser de lectures, d'auteurs, de musique, bref, de ce qui me passionne. Entre les lignes, au coeur des mots, les vôtres, les miens tout simplement. Bonne visite.
Merci à Allie pour le bouton Blogue québécois.
La Suppléante de Anne Bonhomme
Stanké 2008
Lu il y a un bout
Résumé
Mathilde, une jeune claviériste, perd du jour au lendemain son amoureux et sa place dans le groupe musical dont elle faisait partie avec lui. Heureusement, une école primaire a besoin de ses services pour remplacer le prof de musique. Convaincue que ce changement de cap l'aidera à oublier son chagrin, Mathilde saute sur l'occasion. Elle met donc toute son énergie à survivre dans cette jungle pédagogique où évoluent des personnages saugrenus aux habitudes particulières. Si elle les observe généralement avec humour, elle ne peut s'empêcher de grincer des dents chaque fois que le directeur lui annonce une nouvelle fonction en lui disant « Ça fait partie de ta tâche », ou lorsqu'elle entend une enseignante tutoyer au pluriel : « Les amis, tu vas aller à ton cours de musique… »
Pendant que Mathilde s'adapte à son nouveau travail et tente d'oublier ses frustrations, le destin lui met sous le nez la trahison dont elle est victime : son ancien groupe va lancer un album avec la musique qu'elle a composée ! Révoltée, elle concocte un plan de vengeance avec sa meilleure amie, Valérie. Mais si Mathilde retrouve une certaine assurance face à ses plagiaires, elle en manque totalement devant Paul, le séduisant père d'un de ses élèves...
Avec un sens de l'observation très fin, plein d'humour et de tendresse, Anne Bonhomme nous fait découvrir un milieu complexe où des personnages attachants vivent des émotions de toutes sortes, qui forgent le quotidien du petit monde de l'école.
Mon avis
Un bon petit livre pour passer un bon moment. Sans artifices, sans complexités ce roman se lit avec toujours un petit sourire au coin des lèvres et ce malgré que notre héroïne ne vit pas toujours de joyeux instants au contraire. Mathilde est en pleines ruptures, et d’amour et de travail car les deux sont étroitement liés. Mais heureusement on lui propose un exutoire en une offre de suppléance d’enseignement de la musique dans une école primaire. Après hésitation Mathilde va accepter ainsi débute vraiment une belle petite histoire.
Je ne vous raconterai pas tout afin de ne pas vendre la mèche et malgré les abus répétitifs de cette abréviation (prof) qui m’a tapé sur les nerfs tout au long du récit, j’ai tout de même aimé. Étant musicienne, jouant dans un duo et enseignant chant et guitare, j’ai souri à plusieurs reprises sur certains détails concernant le monde de l’enseignement et surtout de la suppléance que j’ai vécu à une certaine période de ma vie. Et Anne Bonhomme nous décrit exactement ce qu’il en est dans le «merveilleux» système scolaire québécois! De plus, elle sait bien jouer avec l’humour par des petits phrases toujours bien placées apaisant l’atmosphère parfois triste de certains moments. Enfin, un bon premier roman bien réussit pour cette écrivaine et je n’’hésite pas à vous le conseiller pour un agréable moment de lecture.
Source pour jaquette et résumé : les éditions Stanké
Publié par Suzan à 17:45:22 dans Autres lectures | Commentaires (1) | Permaliens
Enthéos : Julie Gravel-Richard
Éditeur : Hamac, 2008
Lu il y a un bout
Résumé
«Quelque chose en lui refuse de mourir. Car n'est-ce pas ce qu'il espère, en réalité, depuis plus d'un an? Mourir, tout en restant vivant. Mourir intérieurement. Tout en avançant dans un monde défait, dissolu. Un mort-vivant à travers une vie dénuée de sens. Sa vie, réduite à néant, à des ruines éparses de son ancien monde.»
Taciturne et un peu misanthrope, Thomas a perdu la foi mais il ne réussit pas à perdre espoir, à faire table rase du passé. Poursuivi la nuit par des cauchemars où se profile la Grande Courtisane, surnageant le jour entre ses cours de grec ancien et la lecture des Nourritures terrestres, Thomas essaie de se réinventer en se reniant. Tiraillé entre sa raison et ses passions, il repousse toujours plus loin la coupe de sang qui lui est tendue. Ce sang qui tapisse les murs de ses souvenirs et qui le hante.
Enthéos, porté par le style à la fois haletant et introspectif de Julie Gravel-Richard, saura à coup sûr remuer le lecteur.
Mon avis
Je ne sais que dire sans pour autant sembler quelque peu «copier» sur ce qui a déjà été dit mais sirop pas mauvais du tout ce roman. Bien entendu je ne vous dirai pas que c’est un chef d’oeuvre, que ce roman est un trésor littéraire mais je vais vous conseiller et ce sincèrement de lire Enthéos. Simplement parce qu’il vaut le coup, que l’histoire est intéressante et que surtout Julie Gravel-Richard a une plume fort jolie doublée d’un phrasé érudit et limpide. Par contre j’ai quand même eu quelques difficultés à «entrer» dans l’histoire mais dès les premières vingt pages passées, ma curiosité a pris le dessus et j’ai foncé. Heureusement je vous avoue car je serais vraiment passée à coté de ce que Thomas a vécu, décidé, enduré, renié parce qu’il avait mal. Mal de tout, d’avoir perdu, de ne plus croire et de se perdre
Malgré quelques petits moments d’incompréhension face à certains passages entre autre ceux relatant les rêves, (je dirais aussi quelques cauchemars) de Thomas, j’ai aimé Enthéos. J’ai aimé cette quête de soi et cette recherche de l’acceptation. À vous de découvrir maintenant et bonne lecture.
Source pour jaquette et résumé : Édition septentrion
Publié par Suzan à 18:28:48 dans Autres lectures | Commentaires (5) | Permaliens
Ta Maison est en feu de Margaret Laurence
Éditions Alto, 2009
Résumé
Un incendie ravage l’âme de Stacey MacAindra. Proche de la quarantaine, épouse d’un représentant sans envergure, mère de quatre enfants, elle est l’incarnation de la femme au foyer idéale. Or, elle est habitée par la conviction profonde que la vie a plus à offrir que ce rôle ingrat, cette routine aliénante. Prisonnière des contraintes sociales, Stacey se permet bien quelques écarts, de menus plaisirs, mais sa culpabilité la ramène vite à l’ordre. Elle brûle, rêve d’une autre vie. Pour échapper à la tristesse, à la monotonie des jours qui passent, à l’angoisse de voir sa famille s’envoler en fumée devant ses yeux, Stacey convoque des bribes de son passé.
Après Hagar Shipley (L’ange de pierre) et Rachel Cameron, la soeur de Stacey (Une divine plaisanterie), Margaret Laurence donne naissance, avec la lucidité, l’ironie et la subtile poésie qu’on lui connaît, à une autre femme inoubliable, dont
la voix peut à nouveau résonner en français après un silence de trente-huit ans.
Mon avis
Ta Maison est en feu, troisième opus du Cycle de Manawaka. Troisième récit d’un portrait de femme dans la quarantaine, pas jolie, grassette, soumise à un mari qui mène la maison par le bout du nez. Femme, enfants, loisirs, et tout le tralala comme se vivait les jours en ce temps des années soixante. Les femmes se devaient d’être mère, ménagère et obéir à la sacro sainte mère l’Église en plus du mari intransigeant. Rien en fait pour améliorer la condition féminine. Une vie que ne rêvait pas Stacey qui croyait quitter Manawaka, prendre époux et vivre intensément. Mais non, tout le contraire elle est seule, triste et trouve sa vie d’une platitude mortelle. Plus le temps passe, plus Stacey sombre dans l’ennui et n’a plus qu’une ambition, retrouver un semblant de vie, de bonheur et plaisirs. Quitter un enfer pour s’enflammer ailleurs mais de la bonne façon cette fois…
Au fil des pages elle nous ramène son passé, ses désirs, ses prières. Elle parle seule ou à Dieu, tout en prenant son petit gin-tonic journalier, fait des plans pour se sauver, retourner en arrière, recommencer….
Une histoire que j’ai beaucoup aimé bien que dans ce troisième tome je me suis perdue à quelques reprises. La complexité du personnage de Stacey et ses névroses parfois difficiles à suivre m’ont un peu agressées. Mais l’écriture, le style, la plume de Margaret Laurence offrent un plaisir fou de lecture. Malgré quelques petits défauts elle a su faire de Ta Maison est en feu un roman qui se lit avec toujours cette envie de savoir ce qui va suivre parce que veut, veut pas on s’attache à ses personnages, à ses mots. Un roman à lire, une histoire à savourer.
Source pour jaquette et résumé : Livresquebecois.com
Publié par Suzan à 17:37:58 dans Classiques | Commentaires (2) | Permaliens
En attendant mes prochains mots et avis, je poursuis dans mes lectures lues il y a un bout....
La traduction est une histoire d'amour: Jacques Poulin
Éd. Actes Sud/Lémeac 2006
Quatrième de couverture
Un vieil écrivain, monsieur Waterman, vit à Québec dans une tour. Sa traductrice, la jeune Marine, est une Irlandaise aux cheveux roux et aux yeux verts; elle habite un chalet à l'île d'Orléans, parmi les chats, les ratons laveurs, les hérons bleus et les chevaux de course à la retraite. Entre ces deux personnages se tisse une relation amoureuse peu ordinaire: elle naît sur la Piste de l'Oregon, grandit avec leur passion commune pour la musique des mots et atteint sa maturité dans une enquête sur une mystérieuse adolescente qui leur met le coeur à l'envers.
L'écriture de Jacques Poulin est toujours une rencontre heureuse. Ce nouveau roman, tout félin, est porté par la chaleur d'une émotion contenue, la douceur d'une amitié silencieuse.
Mon avis
Toujours un plaisir fou de parcourir les mots de Jacques Poulin. De retrouver ce vieil écrivain, ses chats, le Vieux Québec et son légendaire amour pour la littérature et les mots. De lire encore ses personnages, émouvants, auxquels on est attaché ou on s’attache à chaque ligne parce que l’émotion est là, toujours, comme un baume. Et moi, ça me réconforte de savoir que je vais retrouver ce et ceux que j’aime.
Et La traduction est une histoire d'amour ne fait pas exception à la règle mais avec cette petite différence que cette fois, nous suivons l’histoire sur les pas d’une narratrice : Marine. Petite dame déterminée, amoureuse de la langue et aussi des mots, admiratrice de ce vieil écrivain dont elle rêve de traduire les romans.
La traduction est une histoire d'amour n’est pas un des meilleurs de Poulin mais, une fois de plus, il a réussi à me faire passer un superbe moment de lecture malgré le peu de page. Tout petit mais à savourer doucement. Source pour jaquette et résumé:: amazon.ca
Publié par Suzan à 17:21:41 dans Autres lectures | Commentaires (3) | Permaliens
Toile: David Hettinger http://www.dhettingerstudio.com/
Citation: Antoine de St-Exupéry
Montage: © Sue2010
Publié par Suzan à 17:11:27 dans Balades en mots et images | Commentaires (4) | Permaliens
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